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vendredi 1 septembre 2017

Succession au Tchad, les femmes sortent toujours perdantes*

Les femmes constituent la majorité de la population tchadienne (52%) mais sont l’une des franges de la population la plus marginalisée. Victimes des stéréotypes divers de la société, elles sont souvent reléguées au second rang, voire chosifiées. Telle est également la situation dans laquelle elles se retrouvent après le décès d’un des leurs.


Le décès d’une personne constitue l’un des moments les plus émouvants pour sa famille. Les liens de parenté se renforcent rapidement autour du malheur mais l’ouverture de la succession permettant la transmission du patrimoine et de la position (pouvoir) du défunt à ses parents vivants ou à qui de droit pose très souvent de nombreux problèmes. Entre querelles intestines sur la transmission et la discrimination, l’unité de la famille est quelquefois mise à rude épreuve.
Des successions sur fond de tension
Le deuil arrivant au terme, le moment crucial qui préoccupe les esprits reste la gestion et/ou la répartition des biens du de cujus. Il est question pour la famille d’organiser le partage ou la gestion des biens du défunt, voire de procéder au remboursement de ses dettes. Sidonie se souvient encore de ce moment qui a suivi le décès de son père comme si c’était hier, pourtant elle n’avait que six ans en 1993 : « les parents de mon papa ont tout balayé ses biens. Ils ont même failli en venir aux mains parce que certains n’ont pas été satisfaits du partage. Mes petits frères et moi étions encore très jeunes. Notre mère n’avait rien pu faire car elle a été considérée comme étrangère à la famille ».
De nombreuses successions s’ouvrent donc ainsi dans un climat litigieux compromettant l’unité même de la famille. Il suffit juste qu’une personne de la famille soit lésée ou que certains membres de la famille, mus par des intérêts égoïstes, forcent le passage pour que les frustrations se fassent sentir. « Ma maman a tenu tête aux oncles et grands-parents qui voulaient nous écarter de la succession pendant le conseil de famille du décès de notre papa. Depuis lors, elle est devenue l’ennemi de nos parents paternels », en témoigne Rosine. Albert, habitant le quartier Atrone, se plaint de n’avoir rien reçu de la succession de son frère aîné : «  j’étais au décès de mon "grand frère de sang" mais même une aiguille, je ne l’ai pas reçue en guise de souvenir. Imagine, sa femme qui est pourtant une étrangère à notre famille et ses enfants ont tout accaparé ».  
La transmission et le partage des biens du défunt ne créent pas souvent l’unanimité et les femmes (veuves, orphelines) en paient le prix. Il est donc judicieux de scruter la place réservée à la femme par les normes qui organisent les successions au Tchad.
La femme exclue de la succession coutumière de ses proches
Dans la plupart des coutumes tchadiennes, les femmes sont exclues de la succession de leurs proches. C’est ainsi que la veuve n’hérite pas de son défunt mari et l’enfant de sexe féminin n’est pas concerné pas le partage des biens de ses défunts parents. Cette restriction se justifie par le fait que la veuve est considérée comme étrangère à la famille de son défunt mari et les filles de ce dernier appelées à quitter le domicile familiale. La restriction successorale coutumière s’étend jusqu’aux parents de la ligne maternelle lorsque la succession est dévolue aux ascendants. Les mobiliers de la cuisine reviennent néanmoins de droit aux femmes. Il est à noter aussi que la pratique du lévirat dans les sociétés traditionnelles fait de la femme un objet à hériter par sa belle famille après le décès de son mari.
Veuves et orphelines : une couche vulnérable à protéger 
Dans le judaïsme, c'est-à-dire dans l’Ancien Testament, les filles n’héritent qu’en l’absence de l’héritier mâle (Nombre 27, 1-8) et uniquement lorsqu’elles se marient dans le clan de leur père (Nombre 36 : 18). Des exceptions sont néanmoins observées dans le cas de Rachel, Léa (Gn 31 :14) et les trois filles de Job (Jo 42 : 13-14) qui ont hérité malgré la présence d’héritiers mâles. Il est à noter que la femme fait partie des objets d’héritage comme dans la plupart des coutumes tchadiennes. En effet, chez les Juifs, lorsque la femme perd son mari, elle convole avec le frère germain de son défunt époux, qu’elle le veuille ou non, sauf si ce dernier la désavoue. Toutefois dans la religion chrétienne, « les veuves et les orphelins sont considérés comme une tranche vulnérable. La loi et les prophètes de l’Ancien Testament étaient largement en faveur de leur protection. La révélation chrétienne de Jésus est sur la même piste de protection », précise l’Abbé Allahissem Nanasrabaye Prosper.
La part des femmes dans la religion musulmane
Le droit musulman interdit toute discrimination en matière de succession ; il régule même le partage en prenant les femmes en compte. Ainsi, une fille a droit à la moitié de la part d’un garçon d’après la sourate 4, verset 11 « voici ce qu’Allah enjoint au sujet de vos enfants. Au fils, une part équivalent à celle de deux filles ». Quant à la veuve, elle hérite du quart si le défunt mari n’a pas laissé d’enfants sinon le 1/8. Au cas où il y’a des coépouses, ce quota est à partager entre elles. Cette répartition a pour base la responsabilité financière qui oblige les héritiers mâles de prendre en charge leurs sœurs et mères tandis que celles-ci restent libres de disposer de leurs biens comme bon leur semble.  
Égalité de genres dans le Code civil
La version du code civil français de 1958 appliquée au Tchad ne fait aucune distinction entre le sexe des enfants venant à la succession de leur parent (article 745 du code civil). Tous les enfants légitimes du défunt héritent à part égale et sont prioritaires dans l’ordre des successibles. La conjointe survivante quant à elle a droit à l’usufruit des biens de son défunt époux et est l’administratrice légale de l’héritage de ses enfants mineurs. Mais le constat qu’en fait Maître Clarisse Nomaye, avocate au barreau du Tchad, en est autre : « C’est beau dans les textes mais dans la pratique, elle  doit se battre, s’imposer pour que ce droit lui soit reconnu par la société, précisément la famille de son défunt conjoint. Vous vous rendez compte qu’elle doit non seulement se battre moralement pour surpasser la perte de cet être aimé, mais elle doit aussi se battre pour avoir accès aux biens laissés par son conjoint pour sa survie et celle de ses enfants si elle en a. Je pense que c’est une injustice qui est faite à la femme qui a contribué à la constitution du patrimoine de son conjoint ».


Le testament comme solution en attendant le code de la famille
Pour éviter toutes les sempiternelles mésententes qu’engendrent les successions, le testament semble être la solution idoine afin de protéger la famille, surtout les femmes qui constituent les premières victimes des nostalgiques véreux des normes d’un autre âge. Organiser sa succession par testament permettra d’éviter des abus pendant le partage. « C’est le testament enregistré par notre père chez le notaire qui nous a sauvés. Mes oncles paternels voulaient faire un passage en force pour s’accaparer des biens de notre père mais les forces de l’ordre les ont remis à leur place », raconte Ronel. Mandé allait également être victime de ces mauvaises pratiques, n’eut été le testament laissé par son défunt père : « Les parents de mon papa ont été déçus du partage fait par notre père dans le testament mais ne pouvaient outrepasser sa volonté. Certains ont été obligés de négocier avec nous pour pouvoir bénéficier de quelques largesses. Les autres contestent toujours la désignation de ma grande sœur comme représentante légale ».
Il est bien vrai que la condition de la femme dans les successions n’est pas partout au Tchad la même, les mentalités évoluent et de plus en plus, une place est faite aux femmes. Ce que soutient Dewa Golou : « Je ne comprends pas pourquoi les gens généralisent ces choses. Il y a des exceptions qu’on constate dans certaines ethnies comme dans certaines familles. Chez nous les Mbay par exemple, ce qui compte, c’est le droit d’ainesse, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, l’essentiel est qu’il soit digne de confiance. C’est ainsi que, lors du conseil de famille tenu après le décès de Todjibé par exemple, étant donné que l’ainé est une fille, c’est sur elle que le choix des parents a porté unanimement. Toutefois les décisions que cette dernière prend doivent être de commun accord avec ses oncles et tantes paternelles.»
En attendant, c’est « l’adoption du code des personnes et de la famille qui nous situera sur le sort de la femme tchadienne », déclare Me Clarisse Nomaye. « La société doit comprendre que même si dans la plupart des cas, c’est l’homme qui va à la recherche des biens devant constituer le patrimoine de la famille, la participation de la femme [bien qu’in]visible est capitale car elle apporte le support moral au bon fonctionnement de la famille », martèle-t-elle. Il est vraiment urgent que les mentalités changent afin de traiter les femmes dignement. Car non seulement ce sont elles qui donnent la vie, mais aussi elles éduquent la famille et constituent la pièce maitresse de la production. La société ne doit pas continuer à douter de leurs potentialités pour des causes absurdes.  

ALLAH-NDIGTA David

*Article écrit dans le cadre d'un projet de création de magazine LE REFLET initié par Aziza BAROUD

jeudi 13 octobre 2016

Le gaz : avec quoi les Tchadiens cuisinent-ils finalement?*

Depuis l’interdiction du charbon de bois, les sources d’énergie pour la cuisine se sont diversifiées dans les ménages à N’Djaména. C’est ainsi que la consommation du gaz butane a pris également son envol.

Le gaz qui était utilisé uniquement par "une classe de privilégiés", du fait de son importation du Cameroun rendant son coût élevé, est désormais entré dans les habitudes de bon nombre de ménages grâce à la construction de la raffinerie de Djarmaya. Certains ménages ont ainsi mis un terme à la consommation du bois et du charbon de bois qui, autrefois, étaient les sources principales d’énergies utilisées pour la cuisine. D’autres par contre restent de marbre et continuent d’avoir recours à ces sources d’énergies proscrites.  
L’utilisation du bois et du charbon de bois continue de braver l’interdiction
Bien que le prix du gaz soit subventionné par l’État tchadien de moitié (3.000F au lieu de 6.000F) pour le consommateur lambda, beaucoup de ménages continuent d’utiliser du charbon de bois et du bois comme source d’énergie pour la cuisson. Le trafic du bois et du charbon de bois continue donc d’avoir de beaux jours devant lui. « C’est le charbon de Kousseri, c’est grâce à ça que je gagne ma vie », nous explique une vendeuse assise devant son étal au marché de Farcha.
En effet, l’interdiction de la coupe du bois et de la fabrication du charbon ne semble concerner que le charbon fabriqué au Tchad. Car chaque jour, une importante quantité de charbon de bois franchit les portes de N’Djaména en provenance de Kousseri. Ce charbon est vendu sur les marchés de la capitale au vu et au su des agents forestiers qui s’en tiennent à la collecte des taxes et des pots de vin. Cette interdiction est parfois ignorée ou peu appréciée  par la population bien qu’elle vise à protéger l’environnement, lequel se trouve dangereusement menacé par les coupes abusives de bois.
Controverse autour du gaz
Le gaz est considéré comme économique par la plupart des ménages qui l’utilisent. « C’est nettement mieux car si je dois acheter le bois ou le charbon pour la cuisine, je vais devoir dépenser le triple de son prix pendant le même intervalle de temps », en témoigne Nemadje. L’interdiction du bois et du charbon de bois a fait augmenter considérablement le prix du bois pour, semble-t-il, dissuader les utilisateurs.
Malgré cette flambée des prix du charbon et du bois, certains ménages continuent de les utiliser. « J’utilise le bois et parfois le charbon de bois pour la cuisine car le prix de la bonbonne est trop cher et en plus le gaz finit trop vite », déclare Delphine, la trentaine révolue habitant le quartier Farcha.
La bouteille de gaz et son kit se vendent à 23.000 FCFA à N’Djaména et la recharge se fait à 3.000 FCFA. Mais ce prix n’est pas standardisé sur l’ensemble du territoire national. C’est ainsi qu’à Abéché et à Moundou, la recharge du gaz se fait à 4.000FCFA, et à Sarh à 6.000 FCFA. Des prix hors de portée de la population ayant un faible pouvoir d’achat. Il est donc à se demander si le mécanisme de subvention a réellement tenu compte des  consommateurs des provinces qui ne bénéficient pas d’un iota, à l’exemple de ceux de la ville de Sarh. Joint à Sarh, un agent commercial de Total justifie ce prix par « le coût du transport élevé et les risques qui accompagnent l’acheminement du gaz de N’Djaména à Sarh ». Cette disparité de prix sur le territoire national ne favorise guère l’utilisation du gaz dans le but préserver l’environnement.
En dehors du prix du gaz jugé exorbitant par une partie de la population, certains ménagent justifient le recours à l’utilisation du bois et du charbon de bois par l’importance de la cuisson. Assis devant sa gargote au quartier Farcha, Ahmat nous avoue que « le gaz n’est pas adapté pour les préparations de grande quantité. J’utilise le bois pour la cuisine du restaurant et à la maison, c’est le gaz que ma femme utilise ». Cette assertion se confirme également par les propos des fabricantes des boissons traditionnelles qui soutiennent que « le kit du gaz ne peut pas être utilisé dans leur contexte où la bière se prépare avec le fût », un récipient d’environ 200 litres de contenance. En plus de cette inadaptation du gaz, les dégâts causés par sa mauvaise utilisation semble miner la mémoire de certaines personnes qui ne veulent plus en entendre parler.  
Les fruits du palmier doum et des bouses plus en plus prisés
Les trafiquants du bois et du charbon de bois ne sont pas seulement les seuls à se frotter les mains face au prix du gaz qui n’est pas à la portée de tous les ménages tchadiens et/ou inadaptés à leur besoin. Les vendeurs des fruits du palmier doum et des bouses y trouvent également leur compte.  
En effet, beaucoup de ménages utilisent les fruits de palmiers doum et les bouses pour pallier le coût exorbitant qu’engendre la consommation du bois et du charbon de bois. « J’achète le sac de ces fruits de doum à 3.500F que j’utilise pour la cuisine. C’est nettement mieux par rapport au sac de charbon qui coûte environ 16.000F et qui peut te créer des problèmes avec les autorités », nous explique Céline habitant le quartier Atrone. « C’est avec ça qu’on utilise pour préparer la bili [la bière du mil germé, Ndlr], le bois coûte trop cher », nous confie Denemadji en pointant du doigt un tas de bouses et de fruits de palmier doum qu’une charrette venait de décharger.
Ces nouvelles sources d’énergie, très économiques et écologiquement bénéfiques, utilisées beaucoup plus pour la fabrication des briques cuites gagnent désormais les ménages de la capitale.
L’urgence d’une vulgarisation des équipements adéquats au besoin culinaire
Que ne fut pas notre surprise lorsque nous visitions l’Agence de l’Énergie Domestique et de l’Environnement (aede) ? Tous les équipements fabriqués localement, indispensables à l’usage multidimensionnel de la bonbonne de gaz, s’y trouvent. Des kits les plus utilisés, en passant par les foyers de grande capacité au barbecue à gaz, tout ce qu’il faut pour résoudre le problème d’inadaptation du kit à des cuissons d’une certaine quantité y est. Il ne reste juste qu’une campagne de vulgarisation afin de les porter à la connaissance des ménages tchadiens.   
Des efforts méritent d’être faits sur ce point par l’aede qui doit aussi songer à vulgariser les foyers améliorés et les sources d’énergies écologiques en faveurs des couches défavorisées et surtout dans les zones rurales. Car le danger de la dégradation de l’environnement est bien réel donc mieux vaut le prévenir que de le guérir.


ALLAH-NDIGTA David

*Article écrit dans le cadre d'un projet de création de magazine LE REFLET initié par Aziza BAROUD

dimanche 14 février 2016

Quand les amours s’en allèrent!

Crédit Photo: http://lapressegalactique.com/wp-content/uploads/2014/09/2925338369_1_3.jpg

Un matin, j’avais trouvé un cousin couché sur le canapé entrain de pleurer. Comme une Madeleine, ses larmes coulaient à flot. Bien qu’au pays sara, un homme ne pleure pas, mon cousin a décrété son état d’exception à lui. Ce piteux état sans précédent dans lequel je l’ai vu me rappelle les coups de fouet que je reçus quand j’étais enfant turbulent. J’y avais pensé à un cas de malheur. Mais rassurez-vous, c’est loin de là ! Sanglotant, il me faisait comprendre que ses trois copines l’ont largué.
En effet, dans la même semaine, deux des multiples copines de mon cousin se sont mariées et une troisième dotée. Crime co-organisé ou hasard du sort ? Toujours curieux, je lui demandais de savoir s’il voulait toutes  les épouser.
•Snif David ! Tu poses trop de questions. Dans cette histoire, on ne sait jamais donc il faut en avoir plusieurs afin de ne pas être surpris après.
Apparemment mon cousin n’était pas le seul étudiant de l’école où il a sorti sa théorie de la prévision (ses copines aussi). En réalité, ses prévisions étaient bonnes sauf qu’il a minimisé le risque. Il aurait dû multiplier par deux le nombre de ses valentines.
•La domestique s’est-elle aussi mariée ?
•Vas au diable !  Avec celle-là c’est du passe-temps seulement.
Passe-temps, voilà qu’elle est devenue favorite, me disais-je intérieurement. Mon cousin pleurait de plus en plus que j’avais pitié de lui. Il promettait de ne plus jamais se marier. Ah l’amour est violent hein comme le disait Mani Bella. Il a oublié qu’il y a moins d’un mois, en compagnie d’une de ses gourgandines, il traitait un autre cousin prêtre d’aventurier.
Je revus les souvenirs de mon cousin avec ses copines. Je me souviens qu’une nuit au clair de la lune, en l’absence de nos tuteurs, je me suis déguisé en majordome pour leur offrir un dîne à la chandelle. Je me croyais aux anges quand il improvisait une scène sur laquelle on ne s’était pas entendu en me tendant un billet de 10.000 FCFA
-David, va faire un transfert de 5000FCFA à la princesse.  N’oublie surtout pas de garder la monnaie.
Tenez-vous bien, ces reliquats sont la première des choses qu’il me réclama au départ de la starlette. Plus grave encore, il m’a arraché les restes du repas que je leur ai servi au dîné. Euh ! C’est ça l’amour ?
Je me souviens aussi que je lui servais de bouclier à certains moments. La stratégie est toute simple, pendant qu’il est occupé avec une fille dans la chambre, j’invite celle qui débarque à l’improviste à prendre un pot au maquis de la voisine sous prétexte que le cousin est absent et ne tarder pas à venir. Une d’entre elle en a profité pour me faire une confidence au sujet de la lune de miel que mon cousin envisage de la faire passer aux îles Hawaïennes.  Je riais tout simplement au fond de moi. En tout cas, il n’est pas interdit de rêver pour le pauvre instituteur qu’il est, surtout que « trompe qui peut » est aussi permis en amour. Une autre m’avait dit qu’elle aimera  mon cousin jusqu’à la MORT mais voilà que cette  dernière n’est pas encore arrivée, qu’elle s’en est déjà allée.
Ce qui allait me faire pleurer à sa place, ah le pauvre ! Il a pris tout son salaire pour acheter un iphone 6 à une de ses conquêtes qui l’a mis dans la liste noire une semaine après. C’était dur, afin d’éviter de vivre en réclusion, manger le haricot de la gargote d’à côté et les tourteaux d’arachide et surtout les éventuelles factures des autres rongeuses, il était obligé de se taper une maladie imaginaire. Ça  lui a sauvé hein. 
Mais tout ça, c’est du passé ! Celles qui se déchaussaient à cent mètres de notre maison comme si elle venait dans la cour du roi passeront désormais sans gêne devant notre portail en mini-jupe, talon haut et lunettes sombres. Peut-être qu’elles commenceront bientôt à marcher sur les pieds de notre tutrice (la belle-mère) voire à lui cracher dessus en route bien que, avant, elles ne lui adressaient pas la parole par respect. Toutes ces demoiselles ont trouvé mieux ailleurs comme l’ont anticipé les prévisions de mon cousin.  
Pendant qu’il pleurait je revois mes abonnements illimités et gratuits dans les restaurants et  bars détenus pas ses copines (devenues ses ex) partir en fumé. Si Dieu m’aime vraiment, que mon cousin fasse rapidement de nouvelles rencontres afin qu’il oublie son projet d’aller au monastère et que j’aie des chances d’avoir d'autres abonnements.
Bonne fête de saint valentin et profitez de ces instants présents !
 

ALLAH-NDIGTA David




samedi 13 février 2016

On n’a pas oublié d’où vous venez hein

La campagne électorale s’annonce serrée cette année surtout avec l’arrivée des anciens camarades du MPS à l'instar de Joseph Djimrangar Dadnadji et de ses nombreux amis qui ont décidé de cracher dans la soupe. Tout le monde sait que le pays marche sur la tête (sauf les extraterrestres et la minorité qui a plus de droits que les autres) et qu'on a besoin de nouvelles dynamiques, de nouvelles têtes pour approfondir notre démocratie. Pour ce faire, l'histoire donnera raison à ces transfuges du MPS de s'être mis du côté du peuple. MAIS on aimerait bien savoir davantage sur leurs longs errements (si errements, il y a bien-sûr) dans ce système. A la ‪#‎Snowden, qu'ils nous fassent entrer dans cette machine dont certains d'entre eux ont dû sacrifier leur conscience voire être combattus pour leur droiture. Qu'ils ne viennent pas seulement nous proposer une nouvelle société mais qu'ils donnent au peuple de bonnes raisons de croire en eux.

Certains d'entre eux ont été des témoins sinon des complices dans la mise en place, par le passé, de la machine des fraudes électorales donc on espère qu'ils nous aideront à démonter cette machine. On aura enfin besoin d'eux quand l'alternance sera effective pour nous aider à récupérer tous les biens illégalement acquis car ils doivent en savoir plus.


ALLAH-NDIGTA David

lundi 14 décembre 2015

Enfin, j'ai pu me faire recenser ...

Crédit photo: tchadpages.com
J'ai vu les ados n'atteignant pas 18ans se faire recenser. Ce qui m'a le plus amusé, j'ai vu des gaillards se faire refouler car n'ayant pas 18 ans sur leur document fourni. Ils avaient oublié qu'ils ont, à plusieurs reprises, modifié leur âge. Certains ont même rouspété : "en réalité j'ai plus de 18 ans mais... c'est parce que j'ai réduit mon âge". Heureusement qu'il n'y avait pas ‪#‎AbakarPolice à côté pour les traîner au Commissariat pour faux et usage de faux.
Ont-ils tort? Pas du tout! Quand tu te pointes chez l'Officier d'état-civil pour t'établir un acte ce qui lui importe c'est ton fric. L'acte d'état-civil qui doit être délivré gratuitement est devenu une marchandise.
Pour cet enrôlement biométrique n'importe qui pouvait se faire recenser. Mineur, étranger, apatride, membre de Boko Haram, il suffit de s'acheter un acte de naissance, une fausse carte scolaire ou d'étudiant. Ou encore de se pointer avec deux copains ayant leur CNI comme (faux) témoins et le tour est joué.

ALLAH-NDIGTA David

dimanche 30 août 2015

L'excision à ‪#‎Koumra, Parlons-en!

Crédit Photo: mrmondialisation.org
En dépit de toutes les campagnes de sensibilisation contre l'excision et son interdiction par la législation tchadienne, cette pratique continue d'être cajolée à Koumra, chef-lieu de la région du Mandoul.
Les autorités traditionnelles ont lancé en grande pompe mi-août la saison de l'excision défiant les lois de la République. Depuis alors quelques jours, les filles sont drainées en brousse pour subir cette atrocité. Une d'entre elles, enceinte, a même trouvé la mort. Mériterait-elle d'être offerte en holocauste au nom d'une pratique rétrograde méconnue par la coutume de ses ancêtres? Non! Mon cœur saigne qu'au XXIe siècle certains de mes parents même instruits soient aveuglés par ces superstitions qui relèguent la femme au second rang, l'empêchant de s'épanouir.
Cette pratique pourrait être renvoyée aux calendes grecques si l'ETAT prenait le problème à bras le corps en mettant fin à l'impunité des chefs traditionnels.


ALLAH-NDIGTA David

mardi 28 avril 2015

Cours gratuit de géographie de Gala ‪#‎50ténaireCaSefete



La Gala fait de merveille, je vous le jure ! Oui appelez-moi comme vous voulez ; saoulard, ivrogne je le suis ! Pour la commémoration du cinquantenaire de sa fabrication, cette bière tchadienne offre à ses consommateurs non pas des capsules gagnantes comme au Cameroun mais un cours gratuit de géographie. Plus besoin de s’acheter un livre de géographie, repartir à l’école ou s’accrocher à ses cours afin de connaitre la géographie du Tchad. Des massifs montagneux en passant par les zones climatiques jusqu’au grand père Toumaï, tout y est étiqueté.
Officiellement 23 régions au Tchad mais la Gala n'en met que 22
La première fois que j’ai vu ces étiquettes derrières les bouteilles, je me suis dit que certainement les messieurs du Centre National des Curricula ou du Ministère de l’Éducation se sont égarés à la Brasserie comme c’est le cas des commerçants et personnes autres à la profession d’enseignant qui envahissent les inspections de l’éducation. Un compagnon de gala m’a rétorqué, « c’est le pays non ? Que veux-tu encore ?». Je me suis tu puisque ce n’était pas moi réglais l’addition.
Je viens quand même par ce petit billet mais en mettant du bémol pour saluer l’initiative des Brasseries du Tchad permettant aux élèves de pouvoir réviser leur cours en toute quiétude dans nos multiples débits de boisson. Vous diriez que j’exagère mais comment redonner à l’éducation nationale ses lettres de noblesse lorsqu’elle est gangrenée par une baisse vertigineuse de niveau? Permettre aux gens d’apprendre et se cultiver même au bar serait à coup sûr la meilleure solution pour booster l’éducation comme nous détenons le record du pays le plus soûlard au monde.

Bonne consommation de gala à tous les étudiants et élèves même si les résultats des examens ne seront pas fameux, la reine Gala sera toujours là pour nous consoler afin de maintenir toujours le Cap des grands soûlards du monde.


ALLAH-NDIGTA David